
Élisapie illumine le Mont-Royal
Y’a des concerts comme ça, qui ont le goût d’un bonbon. La friandise du jour, c’
C’était un événement très attendu. Présenté comme la signature du festival Musique du Bout du Monde de Gaspé, le concert au lever du soleil a une fois encore fait régner la magie au parc national Forillon. Théâtre habituel de ce rendez-vous unique, le Cap-Bon-Ami a ouvert son écrin à la chanteuse autochtone Élisapie, dont la sincérité et l’émotion a conquis le public présent et fait oublier la pluie.
JOUR 4, dimanche 11 août. – Y a des moments comme ça, magiques quelles que soient les circonstances. Des moments qui vous remplissent le corps de braises et plantent des bulbes de frissons un peu partout sur votre peau. C’est ce qui s’est passé dimanche aux aurores, dans l’écrin revigorant du Parc national Forillon, plus précisément le Cap-Bon-Ami, un des trésors de ce territoire de 244 km2 très apprécié des randonneurs. Un joyau naturel réputé pour ses falaises et sa vue plongeante sur le Saint-Laurent dans sa tenue de mer. C’est beau comme une carte postale, même écornée par un jour de pluie.
La pluie, parlons-en. Elle a beaucoup fait jaser la veille du concert au lever du soleil, pris chaque année d’assaut par les festivaliers, dont certains arrivent de très loin pour vivre cette expérience inoubliable. Beaucoup étaient suspendus aux prévisions de Dame Météo. Pleuvra, pleuvra pas ? L’organisation du festival Musique du Bout du Monde en était à se demander si ce spectacle allait devoir être rapatrié sous le grand chapiteau, réservé aux têtes d’affiche du festival, beaucoup moins sexy il va sans dire. Finalement, l’événement a été maintenu au grand air. Des navettes avaient été prévues pour acheminer le public sur place, excepté pour ceux – dont l’auteur de ces lignes – qui avaient décidé de s’y rendre à pied, au départ du site patrimonial de Grande-Grave, situé à moins de 3 km de là. Cette petite marche nocturne guidée par le faisceau des lampes frontales était placée sous la responsabilité de la TDLG, un organisme qui chaque année fait la promotion de la Gaspésie à travers deux événements d’envergure programmés durant l’automne et l’hiver, où les fondus de marche, de ski de fond et de raquettes communient dans une ambiance sportive et conviviale.
Le départ était prévu à 3h45, soit une heure avant le concert. Quand nous nous sommes élancés, l’absence d’humidité entretenait un mince espoir. On se disait que le ciel allait nous épargner sa dépression. Ça a duré 5 minutes. Le temps de se mettre en jambes, de sentir le palpitant actionner la machine à chaleur. Cinq petites minutes, putain. Cinq petit minutes avant l’instant redouté. Quelques gouttes pour commencer. Un petit concerto qui s’est mué en symphonie. La pluie s’est incrustée dans le beau décor.
Pas de quoi rafraîchir l’ardeur des fondus de nature – et de culture – qui avaient décidé de venir coûte que coûte savourer leur part de bonheur. L’appel du Cap-Bon-Ami était visiblement trop fort. Un public nombreux – 200 à 300 personnes à vue d’œil – a pris place sur des chaises ou à même le sol, sur un tapis ou une couverture. Je dois avouer que la vue de tous ces gens faisant fi du mauvais temps avait quelque chose de réconfortant et fédérateur. D’autant que l’assemblage des ponchos, parapluies et autres vêtements de pluie compensaient quelque peu la carence de soleil avec leur variété de styles et de couleurs. Un joli patchwork, assurément.
© FMBM
L’honneur d’accompagner la levée du jour est revenu cette année à la chanteuse autochtone Élisapie, qui avait déjà offert une prestation similaire au sommet du mont Royal à Montréal en juin dernier, déjà sous l’étendard du FMBM. Accompagnée de son fidèle guitariste, Jean-Sébastien Williams, la native de Salluit a livré une prestation pleine d’émotion et de sincérité sous son abri de toile, en totale harmonie avec la nature environnante, mais aussi cet auditoire, suspendu à sa voix, qui avait bravé la pluie pour venir l’écouter. Il fallait la voir, à la fin de ce spectacle singulier, couvrir de baisers volatiles ses partisans pour comprendre qu’elle aussi avait savouré cet instant béni par la grâce. À l’image de sa dernière chanson, écrite par l’icône Richard Desjardins et mise en musique par Pierre Lapointe, venue clore ce concert si bon pour le moral et le cœur. Un texte magnifique que le public a bu jusqu’à la dernière lettre, à commencer par ma voisine Carmen, lovée dans cette prose de dentelle que le silence complice de l’assistance aura fait scintiller un peu plus.
La pluie n’a pas refroidi les ardeurs du public, venu en nombre assister au concert d’Élisapie dans l’écrin du Cap-Bon-Ami. © Roger Saint-Laurent / FMBM
Quelques liens utiles :
www.musiqueduboutdumonde.com
www.tdlg.qc.ca
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