
Montréal ville souterraine, de la légende urbaine à la réalité : 9 infos essentielles
La ville souterraine de Montréal est depuis longtemps l’objet d’idées reçues et
Ne demandez pas à un Montréalais de vous indiquer l’entrée de la « ville souterraine », il pourrait ne pas comprendre. Le réseau de galeries souterraines qui sillonne le centre-ville de Montréal n’a en effet rien de la ville du futur rêvée par Léonard de Vinci il y a cinq siècles. Pour les habitants de Montréal, c’est uniquement une suite de centres commerciaux reliés par des tunnels piétonniers bien pratiques, surtout en hiver… Mais si le terme de « ville souterraine » tient plus du mythe, la réalité n’en demeure pas moins impressionnante. La métropole se targue en effet d’abriter le plus grand complexe enterré au monde. S’étendant sur plusieurs dizaines de kilomètres, cette « cité sous la cité » regroupe 1700 boutiques, 200 restaurants, 40 banques, 7 grands hôtels, 10 stations de métro, deux gares, 30 salles de cinéma et des milliers de bureaux… Suivez le guide !
En 1962, la Place Ville-Marie conçue par le célèbre architecte Ieoh Ming Pei ouvre ses portes. Sa tour cruciforme de 47 étages couvre une immense galerie commerciale reliée à la gare Centrale par un tunnel passant sous le nouveau square Dorchester. On rêve alors d’une véritable ville souterraine à Montréal avec des rues pour piétons qui porteraient des noms, comme en surface, et déboucheraient sur des places publiques servant de lieux de rassemblement pour des spectacles. Les différentes crises politiques et économiques qui animent le Québec dans les années soixante-dix et 80 ont vite raison de ce projet audacieux. D’ailleurs, les Montréalais eux-mêmes n’aimaient pas vraiment cette idée de s’amuser en respirant de l’air conditionné sous une lumière artificielle. Quand aux propriétaires des tours de bureaux, ils voyaient d’un mauvais œil le développement sous leurs pieds de lieux accueillant des foules bigarrées créant une certaine insécurité. La ville souterraine s’est bien développée au fil des décennies, mais elle s’est contentée de relier des tours de bureaux et des « centres d’achat » le long des lignes de métro. Le Montréal souterrain reste avant tout un lieu de passage, une façon pratique de se déplacer d’un lieu à un autre sans avoir à subir les intempéries ou simplement pour gagner du temps. C’est aussi une manière agréable pour les dizaines de milliers d’employés du centre-ville de se restaurer le midi ou faire quelques achats sans avoir à enfiler un manteau. Le Montréal souterrain contiendrait d’ailleurs près de 12 % de tous les commerces du centre-ville. Mais, cassons le mythe, il n’y a pas de vie nocturne souterraine trépidante dans le Montréal souterrain.
Photo Fitz & Follwell Co. – Frédérique Ménard-Aubin
Depuis 2004, toutes les galeries souterraines ont été regroupées sous le terme de Réso. On trouve dans les couloirs du métro et dans différents points névralgiques des plans de ce « Réso » ainsi que des indicateurs pour se rendre aux différents tunnels de passage. On peut distinguer trois différents complexes dans ce réseau souterrain. Le premier s’articule autour du métro McGill et il relie sur un axe est-ouest le grand magasin La Baie, les galeries de la Cathédrale (sous la cathédrale anglicane Christ Church), le complexe Les Ailes de la mode et le centre Eaton ; il se poursuit avec la place Montréal Trust réputée pour ses décorations de Noël, puis les Cours Mont-Royal, un ancien hôtel luxueux transformé en complexe commercial haut de gamme. Du centre Eaton, on peut rejoindre le deuxième grand centre articulé autour de la place Ville Marie et de la gare Centrale. On y retrouve les sous-sols de la Place Bonaventure (un grand centre d’exposition), ceux du célèbre hôtel Reine Elizabeth, du Hilton centre-ville et de la grande tour du 1000 de la Gauchetière haute de 205 m et 51 étages.
Le troisième centre part de la Place des Arts, grand rendez-vous des festivals d’été et des spectacles. On n’y compte pas moins d’une trentaine de salles, la plupart accessibles depuis le Réso. On y retrouve notamment la salle Wilfried Pelletier, l’Opéra, l’orchestre symphonique de Montréal et les grands Ballets Canadiens. De là, en se dirigeant vers le sud, on traverse le complexe Desjardins dont le hall haut de 80 pieds (24 m) est orné d’une grande fontaine centrale. Viennent ensuite le complexe Guy Favreau, édifice principal du gouvernement fédéral proche de Chinatown, et le Palais des Congrès avec sa forêt d’arbres roses… À ces trois grands centres reliés entre eux, on peut ajouter les petits satellites. Ils sont formés des complexes souterrains des métros Berri-UQAM et Guy Concordia (tous deux construits sous une université), de la place Alexis Nihon au Métro Atwater et du complexe formé autour des appartements de la Cité une tour d’habitation reliée à un cinéma, d’un club de gym avec piscine, d’une clinique et de restaurants, de cafés et de nombreuses boutiques. Autant d’activités quotidiennes praticables sans mettre le nez dehors !
C’est la patinoire la plus chaude en ville l’hiver et la plus fraîche en été… Lorsque la météo est capricieuse, pluie ou forte chaleur d’été, tempête de neige ou grands froids d’hiver, on peut toujours y patiner. Situé au bas de la tour la plus haute de la ville, l’Atrium le 1000 est un endroit unique à Montréal. Sa patinoire de 930 m2 (10000 pi2), éclairée par une superbe coupole vitrée qui diffuse les rayons du soleil est toujours à la température idéale : 18 °C hiver comme été. Idéalement placée, à quelques minutes de marche des grands hôtels du centre-ville et intégrée au réseau piétonnier souterrain, elle constitue une activité originale pour le touriste de passage (on peut y louer ses patins), mais de nombreux Montréalais s’y rendent en famille ou entre amis en soirée lorsque la patinoire se transforme en gigantesque piste de danse de discothèque… sur glace.
Métro : Bonaventure (accès direct souterrain).
Si le Montréal souterrain fascine aujourd’hui plus les touristes que les Montréalais eux-mêmes, le concept inspire d’autres grandes villes. Toronto, la plus grande métropole du Canada développe activement sa ville intérieure et c’est le cas également de Moscou à l’autre bout de la planète. À l’avenir, ces deux cités pourraient même ravir à Montréal le titre de plus grande ville souterraine au monde. La métropole québécoise garde toutefois une longueur d’avance. Le développement de l’activité commerciale de son centre-ville acculé au Mont-Royal, zone naturelle protégée, passera probablement par l’agrandissement de son secteur en sous-sol. Bientôt, de nouvelles grandes tours viendront s’ajouter aux gratte-ciel existants. Elles voudront sans aucun doute, elles aussi, être reliées au « Réso ».
Bien connue en France puisque Paris organisa le premier festival Nuit blanche en 2002, la Nuit blanche a débarqué à Montréal en 2004. Alors qu’en France, l’événement se déroule en automne, la Nuit blanche de Montréal clôt le festival Montréal en Lumière, début mars, au cœur de l’hiver. Depuis 2009, l’événement Art Souterrain se greffe à Montréal en Lumière à et sa Nuit blanche. Cette grande exposition accessible à tous met en valeur des artistes contemporains qui exposent leurs œuvres dans le célèbre « Réso » de la ville souterraine. Sur un parcours de 6 km, dans les couloirs et les passages, une centaine d’œuvres (sculptures, vidéos, photographies, installations, performances) sont installées pour deux semaines seulement. Le vernissage d’Art Souterrain se déroule pendant la Nuit Blanche ; des visites guidées gratuites sont organisées en journée et en soirée. www.artsouterrain.com
Photo Freddy Arciniegas – Arcpixel
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